Album « Ongod »

Altaï Khangaï « Ongod »
Sortie le 28 octobre 2013 / Available on October 28th, 2013
[Full Rhizome – Buda Musique – Distribution France Socadisc]

Mise en page 1

photo Guillaume Ducarme / graphisme Jack Garnier

Le groupe Altaï Khangaï a la particularité, parmi les groupes actuels de musique mongole, d’être resté très attaché à un terroir de la Mongolie, celui des montagnes de l’Altaï et du Khangaï, qui s’élèvent à l’ouest du pays. C’est notamment là que s’est épanoui, le chant diphonique, avant qu’il ne gagne les autres régions de la république. Les membres du groupe (qui s’est constitué en 1995, avec notamment Ganzorig Nergui et Ganbold Muukhaï, rejoints par une musicienne, Garavkhuu Badmaabazar) sont cependant conscients de l’aspect vivant de la tradition et ne la confondent pas avec un folklore inerte, comme le prouvent les nombreuses compositions de Ganzorig Nergui, présentes dans cet album. Ils peuvent reprendre des formes anciennes, interdites pendant l’époque socialiste, comme ce magtaal, chant d’éloge dédié à une divinité bouddhiste, ou innover, en interprétant sur le luth tovshuur, une tatlaga, forme généralement jouée sur la vièle morin khuur.

La vièle morin khuur est l’instrument emblématique de la culture mongole. D’après la légende, cette « vièle-cheval » a été fabriquée par le héros épique Khökhöö Namzhil, avec les ossements, la peau et la crinière de Jonon Khar, le cheval ailé tué par une femme jalouse. Autrefois en peau, sa table d’harmonie est maintenant en bois et comporte deux ouies du type de celles des violons européens. On rencontre cependant encore parfois, dans la steppe, des instruments avec la table d’harmonie en peau. La main gauche appuie légèrement sur le côté des cordes pour modifier la hauteur des notes, sans la presser contre le manche.

La cithare yatga est une cithare à chevalets mobiles qui comporte treize cordes métalliques. Elle peut être jouée avec les doigts, parfois prolongés par des onglets, ou avec un bâtonnet en bambou. Les yatga actuelles sont très proches du gayageum coréen.

La cithare yoochin est une cithare trapézoïdale montée de vingt-et-un chœurs de trois cordes métallique, jouées avec des baguettes. Elle vient de Chine où elle a été introduite vraisemblablement par les missionnaires occidentaux.

Le luth tovshuur est un luth à deux cordes, parfois en crin, le plus souvent maintenant en matière synthétique.

Le tambour hets est un tambour sur cadre à membrane unique. C’est l’instrument privilégié des chamanes, qui peuvent également jouer de la guimbarde aman khuur (littéralement « l’instrument de bouche »), laquelle peut être métallique ou en bambou.

La flûte à embouchure terminale tsuur a la particularité (que l’on retrouve chez les Kazakhs, dans l’Altaï sibérien ou dans la république de Touva) d’être accompagnée par un bourdon vocal, ce qui évoque le chant diphonique, dont les montagnes de l’Altaï et du Khangaï sont une des terres originelles.

Ganzorig Nergui interprète plusieurs formes de chant diphonique : khuumii, uyelzuur khuumii, kharkhiraa, tsur kharkhiraa, shakhaa. Les autres chants sont interprétés par Garavkhuu Badmaabazar. Le chant diphonique consiste à émettre une note fondamentale à partir de laquelle le chanteur (en Mongolie, le chant diphonique est l’apanage des hommes) émet une série d’harmoniques. Les différentes formes varient selon la zone de résonance de la voix (poitrine, cavité buccale, palais, larynx, vibration des lèvres), ainsi que selon le ton fondamental. La manière de respirer, normale haletée, serrée, très longue, faisant appel ou non à une pulsation rythmique est également importante. De même, les phonèmes utilisés varient selon les formes, la mélodie pouvant comporter entre six et douze harmoniques. Le khuumii utilise le registre aigu, le shakhaa le registre medium et le kharkhiraa le registre grave. Les autres formes sont des combinaisons de ces trois techniques de base.

Henri Lecomte

Amongst today’s Mongolian music groups, Altai Khangai stands out in that it remains very attached to a specific region of Western Mongolia: the Altai and Khangai Mountains, where throat singing was established long before it expanded to other regions of the republic. Formed in 1995, the band notably comprises Ganzorig Nergui, Ganbold Muukhai and the lady musician Garavkhuu Badmaabazar. They are well aware that tradition is a living thing not to be confused with dead-still folklore, and this is clearly shown by Ganzorig Nergui’s compositions featured on this album. They can just as well interpret ancient forms that were forbidden during socialist times, such as a magtaal praise song for a Buddhist deity, or innovate and use the tovshuur lute to interpret a tatlaga usually played on the morin khuur fiddle.

Henri Lecomte

EN ECOUTE
« Ikh Mongol » extrait de l’album « Ongod »
Sortie en octobre 2013
[Full Rhizome – Buda Musique – Distribution France Socadisc]

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